Comment évaluer les risques psychosociaux de votre entreprise ?

Imaginez une histoire. C’est celle d’Anna, qui travaille dans le département RH de son entreprise. Un jour, un manager vient lui dire “Je suis inquiet pour Mélanie, je sens qu’elle est très fatiguée en ce moment, elle est souvent nerveuse et irritable. Tu n’aurais pas des conseils ?” C’est l’occasion pour Anna de se pencher sur un problème de taille : évaluer les risques psychosociaux de l’entreprise.

Bien plus fréquente qu’on ne le pense, cette histoire se répète et mérite d’être prise en compte. Découvrez ce qu’est un risque psychosocial, comment faire pour le mesurer grâce à des indicateurs clés et quelles mesures prendre pour améliorer la situation.

Découvrez ce qu’est un risque psychosocial, comment faire pour mesurer un RPS grâce à des indicateurs clés et quelles mesures prendre pour améliorer la situation.

Qu’est-ce qu’un risque psychosocial exactement ? 

L’origine des risques psychosociaux 

Certaines situations au travail créent des facteurs de risques, ces derniers peuvent être psychosociaux et avoir une atteinte sur la santé plus ou moins grave, allant de l’anxiété chronique au suicide. 

Le schéma facteurs de risques > contextes psychosociaux > problèmes de santé est bien plus fréquent qu’on ne le pense. Et tout vient du fait que les facteurs de risques sont nombreux et souvent sous-estimés. En effet, il peut s’agir de : 

  • conflits de valeurs
  • faible autonomie au travail ou rapports sociaux dégradés
  • violence interne ou externe 
  • accumulation de la charge de travail
  • manque de reconnaissance par les pairs
  • etc…

Revenons à Anna. Anna explique au manager venu la voir que Mélanie doit faire face à une charge de travail intense et complexe. Cela lui crée un stress qui s’accumule, à terme, elle pourrait développer un problème de santé comme un épuisement professionnel ou une maladie cardio vasculaire. 

Les conséquences des risques psychosociaux

Si les risques psychosociaux ont un impact sur la santé des individus, à terme, ils ont également une portée sur la santé d’une entreprise. Un collaborateur touché par un risque psychosocial fort, peut-être entraîner l’augmentation du taux d’absentéisme, une détérioration de l’ambiance au travail, voire même un turnover fréquent. 

Selon un chiffre clé de l’IRNS, 25% des actifs Français déclarent devoir cacher leurs émotions pour être toujours de bonne humeur. Combien parmi eux souffrent en silence et cultivent des facteurs de risques psychosociaux ? 

Anna poursuit ses explications et met le manager en garde. Le mal être de Mélanie grandit peut-être dans l’ombre depuis un moment. Il ne faudrait pas que ce mal-être arrive à un point de non-retour. Cela a un impact sur elle-même mais également sur la qualité de son travail dans l’entreprise. Et ce pendant toute sa période de mal-être. Il peut même y avoir un éventuel impact de son mal-être auprès de ses collègues qui sont démotivés à leur tour. 

Évaluer les risques psychosociaux pour mieux les prévenir

La réglementation impose que les risques psychosociaux au travail soient pris en compte au même titre que les autres risques professionnels, rappelle Anna. Il est nécessaire de les évaluer et d’avoir des mesures de prévention adaptées. 

4 indicateurs courants pour évaluer les risques psychosociaux

Taux d’absentéisme pour raisons de santé. 

Cet indicateur de RPS se calcule de la façon suivante : nombre de jours d’arrêts pour maladie / nombre total d’agents.

De façon générale, les congés maternité, paternité, parentaux ou formation n’entrent pas dans ce calcul. Retrouvez nos conseils pour diminuer le taux d’absentéisme au travail.

Taux de rotation des agents. 

Cet indicateur RPS est calculé selon : (Somme du nombre d’arrivées et du nombre de départs d’agents au cours de l’année) divisé par 2 / Effectif moyen de l’année n

L’effectif moyen est calculé en additionnant l’effectif de collaborateurs à la fin de chaque mois de l’année n, le tout divisé par 12

Taux de visite sur demande au médecin de prévention.

Cet indicateur RPS est calculé selon le nombre de demandes de visite spontanée au médecin de prévention, pour 100 agents.

Le saviez-vous ? Il existe des façons simples de transformer le stress au travail en énergie positive

Taux de visite sur demande au médecin de prévention.

Nombre d’actes de violence physique envers le personnel

Moins connu, cet indicateur de RPS se décline en quatre catégories, selon que les faits viennent :

  • du personnel avec arrêt de travail
  • du personnel sans arrêt de travail
  • des usagers avec arrêt de travail
  • des usagers sans arrêt de travail

Que faire après avoir évalué les risques psychosociaux de son entreprise ? 

Analyser les indicateurs RPS à la lumière de son activité

Que faire une fois avoir évalué les risques psychosociaux et avoir découvert des squelettes dans le placard ? Surtout, ne pas paniquer ! Chaque situation est unique rappelle Anna. Certains facteurs doivent être analysés pour prendre du recul sur la situation

  • Variation dans le temps : constate-t-on une recrudescence importante de visite chez le médecin du travail ou de démission sur une période donnée ? 
  • Disparité entre les équipes : les risques psychosociaux ne concernent-ils qu’une seule équipe ? Ou sont-ils répartis sur l’ensemble des collaborateurs ? 
  • Comparaison avec des chiffres nationaux : est-il possible de se référer aux baromètres de l’INPES et de la DARES pour se positionner en termes de facteurs de risques ? 

Prévention RPS : ouvrir l’espace pour établir le dialogue 

“Dans bien des cas, mieux vaut prévenir que guérir” conclu Anna après avoir fait son laïus sur les risques psychosociaux au travail. En effet, il est toujours plus simple de gérer une crise au début du problème plutôt que de la laisser prendre de l’ampleur sur la durée. 

Des outils simples de sondages réguliers permettent de prendre la température des équipes afin de les aider à verbaliser des points de blocages. Par exemple, chez Bloom at Work, nous sommes convaincus que des quizz ludiques et fréquents sont des outils clés pour repérer des risques psychosociaux avant qu’ils ne s’enveniment.